Des sourds et malentendants interdits d'avion

Des sourds et malentendants interdits d'avion

Dimanche, des sourds et malentendants se sont vu refuser l'embarquement d'un vol Air Méditerranée à cause de leur handicap. Pour des raisons de sécurité, a argumenté le pilote. Roselyne Bachelot demande un point sur la discrimination dans les transports.
L'aéroport de Marseille, dimanche, 5 heures du matin. Un groupe de 22 personnes s'apprêtent à embarquer sur un vol Air Méditerranée. Destination, la Turquie pour des vacances. Au dernier moment, alors que leurs valises sont déjà parties en soute, une personne de la compagnie leur explique qu'ils ne peuvent pas monter à bord de l'avion. Le commandant de bord leur en refuse l'accès. Motif : la plupart des membres de ce groupe sont sourds ou malentendants Le pilote évoque des "raisons de sécurité". Le groupe lui rétorque que ces personnes ont déjà voyagé en avion et qu'elles comprennent les consignes de sécurité. Le commandant de bord campe sur ses positions. "Les personnes sourdes entendent très bien avec les yeux, et de façon beaucoup plus attentive que d'autres passagers, explique à Libération, qui a révélé l'information Fabienne Guiramand, interprète en langue des signes, dont la mère faisait partie du groupe. Par exemple, quand des Chinois voyagent, ils ne comprennent souvent pas mieux les mots dans les cabines. C'est juste un problème de langue, pas de handicap." "De nombreuses liaisons vers Lourdes" A TF1 News, la directrice générale d'Air Méditerranée Anne Loubet explique que la compagnie n'avait pas été prévenue à temps du handicap des voyageurs. "Les malentendants sont considérés comme des personnes à mobilité réduite, et nous sommes tenus par la réglementation européenne de mettre en place des mesures de sécurité compensatoires dans ces cas-là", martèle-t-elle. Selon Fabienne Guiramand, la législation indique que seules les personnes sourdes et aveugles sont considérées comme à mobilité réduite, or les 22 voyageurs n'étaient que sourds ou mal-entendants, ce qui explique pourquoi leur agence de voyage n'a pas prévenu la compagnie aérienne. Cette dernière précise qu'une solution alternative a été proposée au groupe afin qu'il parte toute de même en vacances. Une solution consistant en un car jusqu'à Lyon, puis d'un vol dans l'après-midi vers la Turquie. Le groupe a dit non. Si elle juge cette "affaire regrettable", la directrice générale d'Air Méditerranée réfute toute discrimination. "C'est une histoire de sécurité et de réglementation", répète encore Anne Loubet précisant également que sa compagnie pour assurer de nombreuses liaisons vers Lourdes est totalement "habituée à ce genre de transports". Le Défenseur des droits, Dominique Baudis, a annoncé mercredi soir qu'il se saisissait de l'incident, en n'excluant pas de procéder à des auditions le cas échéant.

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