Le Débat de François Hollande et Nicolas Sarkozy

francois-hollande-et-nicolas-sarkozy-le-2-mai-2012-debat.jpgEmploi, immigration, sécurité : sur quels thèmes les deux finalistes à la présidentielle, François Hollande et Nicolas Sarkozy, ont des points de vue et des programmes inconciliables ? Réponses en direct du débat d'entre-deux-tours.

François Hollande a d'emblée attaqué le bilan de Nicolas Sarkozy en matière d'emploi, estimant que le chômage avait atteint par sa faute un "record", avec 700.000 personnes sans activité. Le candidat socialiste a taclé son adversaire, lui rappelant qu'il avait promis de ramener le taux de chômage à 5% en fin de mandat, contre 10% aujourd'hui. Le candidat socialiste a ensuite exposé ses propositions : créer une banque publique d'investissement pour favoriser l'industrie, mobiliser l'épargne des Français, créer un contrat de génération et a déroulé son "idée la plus nouvelle" : mettre en place un "contrat de génération" pour aider les populations les plus touchées par le chômage, les jeunes et les seniors. Selon ce dispositif, l'employeur qui gardera le senior et qui embauchera un jeune en CDI ne paiera plus de cotisations sociales.

Nicolas Sarkozy a d'abord estimé que les chiffres brandis par son concurrent étaient "faux", estimant que le taux de chômage français avaient augmenté "deux fois moins que nos partenaires de la zone Euro", taclant ensuite les 35h mises en place par Martine Aubry. Le candidat-président, à propos de la banque d'investissement, a estimé que cette proposition existait déjà sous l'appellation Oséo. "Voilà une promesse que vous n'aurez pas de mal à tenir, je l'ai déjà fait", a dit le chef de l'Etat. Nicolas Sarkozy a ensuite présenté sa proposition-phare : la TVA sociale, pour éviter "le cancer des délocalisations". Le président-candidat a ensuite annoncé un "gigantesque" effort sur la formation et l'innovation. "Jamais notre déficit commercial n'a été aussi déséquilibré", a rétorqué François Hollande en commentant la proposition de TVA sociale de son adversaire. Il a fait valoir que cette mesure ne toucherait l'industrie qu'à hauteur de 3 milliards d'euros, contre 10 milliards sur les services, soit un impact limité sur les délocalisations selon lui. François Hollande a aussi estimé que cette mesure nuirait au pouvoir d'achat des Français. Nicolas Sarkozy a défendu l'idée des accords compétitivité-emploi face à François Hollande, qui a dénoncé un démantèlement du principe de la durée légale du travail

Les propositions des deux candidats en matière d'emploi :  

Dette et déficits
Nicolas Sarkozy et François Hollande se sont opposés sur le creusement de la dette ces cinq dernières années. Le candidat PS a argué qu'il s'élevait à 600 milliards d'euros, celui de l'UMP l'évaluant à 500 milliards. François Hollande a estimé que le paquet fiscal et les "largesses fiscales"de son adversaires avaient dégradé les comptes publics. Le candidat socialiste a rappelé son souhait de créer une nouvelle tranche de l'impôt sur le revenu et de restaurer l'impôt sur la fortune pour un budget à l'équilibre en 2017. "Je n'ai pas fait de cadeaux aux plus riches", s'est défendu le président-candidat. Nicolas Sarkozy a fustigé la proposition de son adversaire de créer 60.000 postes dans l'Education. Il lui a ensuite reproché de ne pas avoir voté la réforme des retraites, qui a permis selon lui de réduire de 20 milliards la dette (Voir notre vidéo > Sarkozy dénonce la "folie dépensière" de Hollande)

Les propositions des deux candidats sur la dette :

Europe
"Je sens les lignes bouger", a estimé François Hollande, faisant allusion aux déclarations récentes de la Banque centrale européenne (BCE) et de plusieurs chefs d'exécutif européens en faveur d'un pacte de croissance en Europe. Le candidat socialiste a redit qu'il souhaitait renégocier le traité européen signé en janvier. Il a développé son projet de mobiliser la banque européenne d'investissement pour la recherche, les fonds structurels, de mettre en place une taxe sur les transactions financières à l'échelle européenne et des Eurobonds. Il a reproché à Nicolas Sarkozy de n'avoir rien obtenu de l'Allemagne dans la gestion de la crise (Voir notre vidéo > Hollande : "par rapport à l'Allemagne, vous n'avez rien obtenu") "Vous trouvez qu'on n'a pas assez de dette en France", a réagi Nicolas Sarkozy, hostile aux Eurobonds. Le président-candidat a ensuite vanté son action auprès des dirigeants européens au plus fort de la crise. "Vous croyez que c'est facile ? Nous avons évité la disparition de l'Euro (...) l'Europe s'en est sortie."

Les propositions des deux candidats sur l'Europe :

Immigration

Nicolas Sarkozy souhaite réduire l'immigration légale par deux. Le chef de l'Etat a développé sa volonté de confier au même juge la décision concernant la rétention et l'expulsion. François Hollande lui fait remarquer que cette mesure concerne non pas les immigrés légaux mais les immigrés illégaux. Le candidat socialiste a été mis en difficulté sur les centres de rétention. Il a répondu "bien sûr" lorsque son rival lui a demandé s'il fallait garder on non ces centres de rétention administrative (CRA). "Alors pourquoi vous avez écrit dans cette lettre au DG de France Terre Asile : 'Je souhaite que la rétention devienne l'exception'. S'il n'y a plus de rétention, M. Hollande, on ne peut plus maîtriser l'immigration", lui a rétorqué Nicolas Sarkozy. Lorsque le candidat PS a évoqué l'alternative de l'assignation à résidence, son rival de l'UMP a ironisé sur les clandestins qui auraient un "domicile connu"."Je suis pour qu'il y ait des étudiants étrangers qui viennent sur notre territoire. Et j'ai trouvé regrettable que M. Guéant fasse une circulaire pour compliquer leur situation", a par ailleurs dit le candidat socialiste. Sur le droit de vote des étrangers, auquel il est favorable, le candidat PS a indiqué qu'il réunirait le Parlement à la majorité des 3/5ème et qu'il mettrait en place, en cas d'échec, un référendum (Voir la vidéo > Vote des étrangers : Hollande ira jusqu'au référendum) . Répétant qu'il est contre, Nicolas Sarkozy a dit redouter dans ce cas une "radicalisation" et "la montée d'un Islam de France". "Qu'est-ce qui vous permet de dire que les étrangers non-européens sont musulmans ?", a rétorqué François Hollande, reprochant à Nicolas Sarkozy d'avoir retourné sa veste sur le vote des étrangers.

Nucléaire

"C'est une folie de fermer une centrale de 30 ans d'âge", a accusé Nicolas Sarkozy sur la question de Fessenheim, la seule centrale que François Hollande veut fermer. "Vous avez vendu les salariés de Fessenheim sur l'autel d'un accord politique misérable", a lancé Nicolas Sarkozy, faisant allusion à l'accord PS-EELV qui prévoit notamment la fermeture de la centrale alsacienne. François Hollande cible sa dangerosité d'une si vieille centrale, ce à quoi le chef de l'Etat répond : "Les centrales en Suisse ont 60 ans, ce n'est pas un problème d'âge"

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