Affaire Clearsteam Dominique de Villepin relaxé

Affaire Clearsteam Dominique de Villepin relaxé

Sur place - La cour d'appel de Paris a relaxé mercredi Dominique de Villepin des faits de dénonciation calomnieuse dans l'affaire Clearstream. Elle a, en revanche, condamné, en tout ou partie, les condamnations des deux autres protagonistes de l'affaire : Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud.
Jean-Louis Gergorin est arrivé le premier au palais de Justice, un quart d'heure avant le début de l'audience. Encadré de ses avocats, le visage tendu, évitant ostensiblement de croiser le regard de la presse, présente en nombre. Contraste saisissant, Dominique de Villepin arrivait quelques instants plus tard, tout sourire, suivi de ses enfants. Imad Lahoud, adoptant la même discrétion que l'ex-vice-président d'EADS, suit de peu. En attendant l'arrivée de la Présidente de la Cour, chacun prend place. Costume gris foncé sur chemise blanche et cravate noire, Villepin discute, mains dans les poches, avec ses conseils, tournant le dos aux deux autres prévenus. Pas un mot, pas un regard non plus, Jean-Louis Gergorin manipule son téléphone pendant que l'informaticien regarde ses pieds ou frotte ses genoux Tous les trois sont poursuivis dans le dossier Clearstream, cette vaste affaire de dénonciation calomnieuse au cours de laquelle des noms de personnalités, dont celui de Nicolas Sarkozy, ont été ajoutés sur des listings bancaires afin de faire croire qu'ils détenaient des comptes occultes à l'étranger. Une relaxe et deux condamnations A 9 heures précise, Christiane Beauquis, la présidente de la Cour fait son entrée. Un silence de plomb s'installe. Les trois prévenus, visages impassibles, écoutent avec attention la présidente lire la décision. La séance dure à peine cinq minutes. La magistrate commence par annoncer, d'une courte phrase, la relaxe de Dominique de Villepin poursuivi pour "dénonciation calomnieuse". Les juges rejettent le scénario de l'instruction présentant Dominique de Villepin comme l'instigateur du complot et celui du parquet le disant coupable "par abstention" de l'avoir laissé se dérouler en connaissance de cause à partir de juillet 2004. "D'autres autorités de l'Etat détenaient en juillet 2004 des informations leur permettant de conclure à la fausseté des listings et n'ont pas agi pour empêcher que la calomnie continue", remarque l'arrêt, dans une allusion notamment à la ministre de la Défense de l'époque, Michèle Alliot-Marie. S'il est établi que Dominique de Villepin a eu un rôle dans les manoeuvres à partir de janvier 2004, la démonstration d'une infraction pénale supposait démontrer qu'il savait les listes fausses n'a pas été faite. L'ex vice-président d'EADS, Jean-Louis Gergorin, est quant à lui déclaré "coupable d'usage de faux et de dénonciation calomnieuse pour les seuls documents envoyés au juge Renaud van Ruymbeke". La cour a, en revanche, décidé de le relaxer de tout délit en lien avec les documents remis au général Rondot. Il écope de trois ans de prison, dont 30 mois avec sursis et de 40.000 euros d'amende. Vient le tour d'Imad Lahoud. La cour l'estime coupable de "faux, usage de faux, dénonciation calomnieuse, abus de confiance et recel de biens" et le condamne à trois ans de prison dont 18 mois avec sursis et 40.000 euros d'amende. Pour la Cour d'appel, l'informatien est le principal responsable de la manipulation devant Jean-Louis Gergorin. Un troisième procès ? 9h10 : dix minutes à peine après son ouverture, la présidente annonce la levée de l'audience. Tandis que Jean-Louis Gergorin et Imad Lahoud restent quelques instants auprès de leurs avocats, comme écrasés sous les dorures imposantes de la salle d'audience, Dominique de Villepin ne tarde pas à se faufiler dans la foule pour rejoindre la sortie. Pour lui, l'affaire Clearstream est a priori close, à moins que le parquet ne décide éventuellement de se pourvoir en cassation dans les cinq prochains jours. Devant les dizaines de caméras qui l'attendent fièvreusement, il déclare : "Je veux saluer l'indépendance de notre justice, qui a su résister aux pressions politiques"(...) "Je veux croire que cette décision contribuera à rendre notre vieux pays moins vulnérable à la rumeur et à la calomnie (...). Rappelons-nous que cette affaire a été initiée en 2005/2006, à la veille de l'élection présidentielle de 2007. Comme j'aimerais que cela puisse servir de leçon pour la présidentielle de 2012 !" Imad Lahoud et Jean-Louis Gergorin ne feront pas plus de déclarations qu'à leur arrivée. Les avocats du premier ont annoncé que leur client comptait se pourvoir en cassation. Ceux du second vont étudier la question

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